ROSH HASHANA

Deux fois les Téhilim : la ségoula de Rav Biderman pour Roch Hachana

Chaque année, à l’approche de Roch Hachana, Rav Elimélekh Biderman raconte la même chose. Le premier soir, après le repas, terminer le Sefer Téhilim deux fois entier. Les 150 chapitres, deux fois. Trois cents chapitres dans une seule nuit.
Il dit lui-même qu’il n’en parlerait pas s’il n’entendait pas, année après année, les mêmes histoires revenir.


Il y a ce Rav de Jérusalem, décisionnaire reconnu, qui attendait un enfant depuis 22 ans avec sa femme. Un homme sérieux, pas du genre à courir après les ségoulot. Un jour, juste avant Roch Hachana, un mot glissé dans sa boîte aux lettres. Personne n’a jamais su qui l’avait déposé. Dessus : cette même ségoula. Il a tenté. Neuf mois et demi plus tard, une petite fille est née.


Il y a cet avocat qui appelle Rav Biderman avant un cours à Jérusalem. Sa fille, 40 ans, célibataire. L’année d’avant, la famille avait fait les deux Téhilim ensemble à Roch Hachana. Au moment de l’appel, ils préparaient ses fiançailles.


Il y a cette yéchiva, une trentaine de bahourim plus âgés, encore seuls. Quelques mois après Roch Hachana : 29 fiancés. Et plus récemment, en 2025, Rav Menachem Holzberg racontant vingt ans d’attente pour un enfant — puis une naissance naturelle, quelques mois après avoir fait la ségoula.


Pourquoi deux fois ? Cent cinquante fois deux, trois cents — le compte de כפר, kapara, purification. Mais ce n’est pas vraiment ça le sujet. Rav Biderman le dit clairement : les Téhilim ne sont pas une formule magique. Roch Hachana est un moment où on peut se tourner vers Hachem avec une intensité qu’on ne se permet pas le reste de l’année. Les deux Téhilim, c’est un prétexte pour rester devant Lui plus longtemps, plus fort, avec plus de kavana.


Deux Sefer Téhilim dans une soirée, seul, c’est difficile. Mais rien n’empêche de se répartir les chapitres à plusieurs — des initiatives existent justement pour ça, à grande échelle.

Au fond, c’est peut-être ça le vrai message. Roch Hachana, c’est le moment de demander. Une parnassa qui respire. Une refoua. Un zivoug. Un enfant qui n’arrive pas. Des enfants qui grandissent bien. La shalom bayit. Une délivrance qu’on n’ose même plus espérer.


Personne ne sait ce qui sera décrété. Mais une chose est sûre : la possibilité de se tenir devant le Ribono Shel Olam et de demander, elle, nous est donnée.
Pas une superstition. Une nuit pour transformer une partie de Roch Hachana en un vrai עת רצון.